père Alain

Habituellement, les prêtres ont une mission de six ans. Mon départ au bout de deux ans vous étonne et moi aussi. Il est vrai que j’ai eu du mal à me situer dans le Pôle de Provins, mais je n’ai pas demandé à partir. En tout cas Mgr Nahmias a jugé qu’il était bon que je change d’horizon. Le Pôle de Montereau-Moret, plus pauvre que celui de Provins, avait besoin d’un quatrième. Je serai logé au presbytère de Thomery (77810 - 12 place Greffuhle). J’aurai le statut de prêtre associé, car je poursuis en parallèle un ministère diocésain d’accueil spirituel.

 

Ce n’est pas sans regrets que je quitte la région de Provins. Malgré un séjour trop bref, je rends grâce pour les liens qui se sont créés et pour les initiatives qui se sont dessinées, en particulier dans le cadre de deux missions qu’on m’a confiées : les lycéens de l’aumônerie et les villages du Nord de Provins ; j’ai eu la joie de les accompagner et j’ai un peu le sentiment de les abandonner.

J’aurais aimé prolonger à St Quiriace l’action du père Gitton, comme notre évêque le souhaitait, et répondre à des attentes de la génération Jean Paul II. Mais cela n’a pas été permis et j’ai eu la tristesse de voir des jeunes familles s’en aller ailleurs, les unes après les autres.

J’ai posé des questions et tendu quelques perches pour que le Pôle de Provins se mette à l’heure de la nouvelle évangélisation, et s’engage concrètement comme beaucoup de paroisses et de diocèses dans la « conversion missionnaire » que demande le Saint Père. En effet, nous continuons de soigner, avec beaucoup de zèle, le petit troupeau des fidèles qui va diminuant – moins de 2 % de la population ! – alors qu’il faudrait chercher comment conduire au Christ les brebis sans bercail.

Ce qui manque, ce ne sont pas des messes et des réunions, mais des fraternités de village ou de quartier : quelques chrétiens qui tous les 15 jours se donnent rendez-vous pour chanter le Seigneur, relire l’évangile, s’encourager pour l’annonce de la bonne nouvelle. La question est simple : « Qu’est-ce que Jésus a fait pour toi ? Qu’est-ce que tu as fait pour Jésus ? » Ces petits foyers de prière et de fraternité seraient appelés à grandir, et même à se multiplier, car ils permettent d’accueillir et d’accompagner des personnes qui font un pas vers l’Église ou qui sont touchées par l’appel de Dieu.

Car le but de l’Église n’est pas l’Église. « L’Église existe pour évangéliser » (Paul VI). Pour cela il faudrait qu’un vrai Conseil pastoral (prévu par la Charte des Pôles missionnaires) entoure le curé du Pôle, avec des hommes et des femmes jeunes, d’horizons divers, pas forcément d’accord, mais décidés à être ensemble acteurs et non spectateurs de la mission. Un Conseil qui ne se réunit pas pour organiser des activités et faire un calendrier, mais pour dessiner une « vision », un horizon, une espérance qui donne du sens aux activités et un avenir aux communautés. C’est cet avenir, votre avenir, que je confie au Seigneur et à sa douce Mère, comme je confie le mien à votre prière fraternelle. Merci.