elevation
Le confinement se prolonge et le débat autour des « messes YouTube » s’accentue. Je lis par exemple : " Faut-il la communion pour se sentir chrétien ?" Poser la question en termes de sensation ou de sentiment est une erreur. L’Eucharistie, tout le monde le sait et le répète depuis Vatican II, est « la source et le sommet de toute la vie de l’Église et de sa mission ». Cela est objectif, c’est le don du Christ à son Église.

Ce qui manque ce n’est pas la « communion ». Je suis d’accord : une polarisation sur communier ou pas est une fausse piste. Il nous manque… la messe. C’est-à-dire :

- l’Assemblée (« là où deux ou trois… »)

- la proclamation de la Parole (qui a un poids et une grâce particulière dans le cadre liturgique, non remplaçable par une méditation personnelle ou un partage fraternel, choses excellentes par ailleurs) et son écho dans notre vie : homélie, profession de foi, intercession.

- la Consécration ; cela beaucoup de catholiques n’en ont pas conscience. Jésus n’a pas inventé la messe pour nous donner la communion, mais pour que son Offrande soit actualisée en tout lieu et en tout temps, car cette Offrande est le salut du monde. « Faites cela… » « Mon Corps pour vous » (1Co 11, 24).

- la communion spirituelle (avant la communion sacramentelle, qui sinon est un rite sans valeur) : union à Dieu (Notre Père) et union aux frères (Paix).

- la communion sacramentelle (qui même en temps ordinaire n’est pas donnée à tout le monde et c’est normal : petits enfants, catéchumènes, mal croyants, mal vivants)

- l’Envoi sur les chemins du monde

Organiser une transmission numérique de la messe du dimanche n’est donc ni une erreur ni une obligation. Cela ne remplacera jamais le rendez-vous dominical. Mais c’est mieux que rien. En revanche la multiplication des messes privées quotidiennes me laisse sceptique. Ne vaudrait-il pas mieux méditer les lectures du jour et faire une demi-heure d’oraison ?